Accéder au contenu principal

Plus que quelques jours avant Noël ...

En attendant Noël, que fait-on ? On lit des livres de Noël, pardi !

Sur La Mare aux mots ici, je vous ai déjà fait découvrir mes deux premiers coups de cœur sur cette thématique parmi les livres sortis en 2020 ; voici, ici et maintenant, les deux suivants.  


Mamoush habite une maison, appelée La Biscornue. Durant les vacances de Noël, elle y accueille les Couzz, ces cinq petits-enfants, qui sont donc cousins. Entre le sapin, les décorations, la lettre au Père Noël, on ne s’ennuie pas dans cette maison.

Ecrire une lettre au Père Noël n’est pas chose facile, mais les cousins s’entraident jusqu’au PSEV (Postage Solennel en Ville). Trois jours plus tard, les enfants découvrent la réponse du Père Noël dans la boîte aux lettres. Mais la surprise n’est peut-être pas si bonne qu’il y paraît. Le vieux barbu a décidé cette année de ne distribuer qu’un cadeau par enfant ; décision à la fois plus raisonnable pour la planète et pour son vieux dos. Afin de répondre à sa demande, les enfants ont donc jusqu’au coucher du soleil pour lui envoyer un mail indiquant l’unique cadeau choisi. Autant dire que les Couzz ont dû mal à se faire à l’idée, mais ils obtempèrent.

Le 24 au soir, les grands décident de veiller le Père Noël pour en avoir le cœur net, mais font chou blanc. Jusqu’au matin du 25 décembre, où, là, surprise …

Surconsommation, plastique, emballages à outrance … Noël est devenue une fête bien éloignée des convictions de beaucoup de familles, désireuses de réduire leur empreinte écologique à cette période, comme le reste de l’année. Ce livre est le reflet de ce choix ; et de ce fait, est d’une très grande modernité. Je n’avais jamais vu Noël abordé sous cet angle dans un livre pour enfants. De plus, c’est raconté avec beaucoup d’humour, un bon moyen de faire passer le message. Et finalement, l’essentiel pour les enfants n’est-ce pas les bons moments passés en famille, avec leur grand-mère et leurs cousins ?  Toutefois, j’avoue ne pas être emballée par la fin ; mais chacun se fera son opinion. Par contre, on adore les illustrations de cette maison foisonnante, qui semble avoir une âme tout autant que ces habitants.

 

A lire, en attendant Noël, dès 7 ans.

 

Les Couzz des cadeaux par milliers
Texte de Fanny Joly, illustré par Eglantine Ceulemans
Little Urban
2020

 


Dès le mois de janvier, un Père Noël traverse la planète, à la recherche de sa tenue pour le plus grand jour de l’année, Noël. Dans chaque pays visité, il essaie costume traditionnel ou vêtement quotidien. Ainsi, en Ecosse, il laisse le vent s’engouffrer sous son kilt ; au Moyen- Orient, il essaie mille et un turbans en compagnie de chameaux … Pour finalement, opté pour un simple manteau blanc. Mais le vêtement restera-t-il de cette couleur immaculée ?

Pourquoi le Père Noël porte-t-il chaque année un manteau rouge ? Soit on reste sur l’idée qu’il a hérité cette couleur de la marque Coca-Cola, soit on croit à l’histoire qui nous est racontée dans cet album. Franchement, je préfère la deuxième option. Qu’il est drôle de penser que le Père Noël a parcouru le monde avant de choisir son costume ; mais surtout qu’il est drôle de voir le Père Noël sans ce fameux costume, mais sapés comme jamais ! Nous n’y sommes pas habitués. Pas plus que de le voir, dans des décors ultra-colorés, loin de la neige blanche. C’est toute cette originalité, qui donne son charme au livre. Vos enfants remarqueront peut-être également que le Père Noël a la peau noire. Nous n’y sommes pas habitués en métropole. Mais cela participe à l’ouverture culturelle, tout comme les paysages et les costumes traditionnels présents dans le livre. Le texte, bien que court, est riche au niveau du vocabulaire lié au champ lexical du vêtement. Voici, donc, un livre de Noël, comme on les aime.

 

A lire, en attendant Noël, dès 6 ans.


Un flamboyant Père Noël
Texte de Fabienne Jonca, illustré par Iloë
Atelier des nomades
2020




Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La révolte, d'Eduarda Lima

Un jour, un oiseau s’arrêta de chanter. Il fut immédiatement suivi dans cette action par l’ensemble de ces congénères. Puis, animaux domestiques, comme animaux sauvages se murèrent à leur tour dans le silence. Plus aucun bruit, plus aucun mouvement : les vaches ne donnaient plus de lait, les éléphants du cirque ne faisaient plus le poirier… Les journaux commencèrent à croire que les animaux avaient conclu un pacte entre eux. Ils semblaient unis autour d’une même cause. D’ailleurs, ils furent bientôt rejoints dans cette lutte par les enfants. Le monde restait muet. Mais pourquoi ?   En voilà un silence qui fait grand bruit. Parfois, nul besoin de barricades, et de slogans pour se faire entendre. De même, nul besoin de grands discours, quand les dessins parlent d’eux-mêmes. Écouter, observer, réfléchir ; c'est ainsi que l’enfant donnera sens à ce texte. Car La révolte (forcément avec un titre pareil) fait partie de ces livres qui poussent à la réflexion. Pollution, surabondance de pl

Balto. Le dernier des valets de cœur, de Jean-Michel Payet

Balthazar B, plus connu sous le nom de Balto, vit dans la Zone, faubourg misérable qui ceinture la ville de Paris. Son boulot, c’est de fabriquer des paniers ; enfin, officiellement … Sa famille, ce sont Mme Gambette et Victor. Mme Gambette l’a recueilli alors qu’il n’était qu’un bébé, faisant ainsi de lui le frère de Victor. Le frangin, cela fait un moment que Balto ne l’a pas vu. En effet, celui-ci a été condamné à mort pendant la guerre 14/18, s’est échappé avant son exécution ; et personne ne sait vraiment où il se trouve. Alors quand Victor fait passer un message à Balto via un petit papier dans une miche de pain, ce dernier est agréablement étonné. Rendez-vous est donné aux Batignolles chez le réparateur de vélos Escartefigue. Mais quand Balto arrive celui-ci est mort, et point de Victor. Pire que cela, une journaliste le photographie sur le lieu du crime, faisant de lui le coupable idéal. Dans ce Paris des années 20, il faudra alors suivre Balto menant l’enquête pour prouver son

Flon-Flon et Musette, de Elzbieta

      En ce jour de 11 novembre, et donc de commémorations, je ne pouvais que vous parler de ce livre. C’est un petit trésor. La guerre, c’est un sujet bien difficile à aborder avec les enfants. Mais, dans cet album, Elzbieta arrive à le faire avec délicatesse et poésie. Ce sont des qualités que l’on retrouve à la fois dans le texte et dans les illustrations. «La guerre ne meurt jamais, mon petit Flon-Flon. Elle s’endort seulement de temps en temps. Et quand, elle dort, il faut faire très attention de ne pas la réveiller.  » Et si je vous parlais de l’histoire en quelques mots ? C’est l’histoire de deux (lapins) enfants, Flon-Flon et Musette, séparés par la guerre. Cette guerre, Flon-flon ne la comprend pas. Pourquoi ne peut-il plus voir Musette ? Pourquoi ce père qui part et qui revient brisé ? Et puis, d’abord, pourquoi la guerre ? L’auteur arrive à mettre des mots sur tout cela. Je ne vous révèle pas la fin de l’histoire. Mais, vous la voyez probable