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L'histoire d'Erika, de Ruth Van Der Zee et Roberto Innoncenti, Editions d'Eux

Dans cette chronique, comme dans celle qui suivra, je vous propose un livre ayant pour thématique la Seconde Guerre mondiale. L’actualité nous fait, malheureusement, toucher du doigt que la guerre n’est jamais loin. On ne le dira donc jamais assez : il est important de comprendre le passé pour pouvoir construire l’avenir. Découvrons ensemble l’histoire d’Erika

L’histoire d’Erika, de Ruth Vander Zee et Roberto Innoncenti, D’eux, 2021(Dès 10 ans) 


La narratrice est née en 1944. Mais elle ne saurait dire ni la date d’exacte ni son lieu de naissance, ni même son prénom ou celui de ses parents. En effet, elle nous raconte ici comment sa mère qui se trouvait dans un convoi de la mort vers un camp d’extermination nazi l’a jetée par l’ouverture d’un wagon pour que quelqu’un la récupère, et ainsi lui sauve la vie. 




Sur le chemin qui la menait à la mort, ma mère m’a lancée vers la vie.  


Voici une petite pépite qui m’a touché en plein cœur. Certains connaissent peut-être déjà cette histoire qui avait été éditée il y a quelques années sous le titre L’étoile d’Erika. Les éditions d’Eux ont estimé qu’il était important de publier ce livre à nouveau, ce qu’ils ont donc fait en 2021 à travers une nouvelle traduction, un nouveau graphisme et un nouveau titre. Cet album se caractérise par l’emboîtement de deux narrations : à la première page, la narratrice qui dit « je » n’est pas Erika, mais l’autrice elle-même. Elle nous laisse entendre (croire ?) qu’elle a rencontré Erika dans les années 90 et qu’elle n’est ici que pour retranscrire ses mots ; s’en suit alors le récit d’Erika (lui aussi raconté à la première personne). Cette intervention de l’autrice permet une mise à distance, nécessaire, compte tenu de la thématique abordée avec le jeune lectorat. Ces informations données, nous pouvons alors nous plonger dans le témoignage d’Erika vieille femme revenant par les mots à l’époque où elle n’était qu’un nourrisson. Le récit d’Erika se présente comme une suite de questions auxquelles elle tente de répondre pour reconstruire sa propre histoire. Il sera dès lors question d’identité, de construction personnelle, de résilience ; le tout à la hauteur du jeune lecteur. La plupart des illustrations sont en noir et blanc uniquement relevées d’une touche de jaune (mettant en évidence l’étoile de David des personnages) dans un style très réaliste. Toutefois, les visages des personnages ne sont jamais montrés. Ces êtres ne sont pas arrivées dans les camps qu’elles sont déjà des anonymes dans la foule des malheureux, des numéros comme ceux qu’on le leur tatouera sur le bras. Sans nul doute, la force des mots et des images laissera une trace dans votre mémoire et dans votre cœur de l’histoire d’Erika. 

Si cette thématique vous intéresse, je vous conseille un autre album pépite : Otto, autobiographie d’un ours en peluche, de Tomi Ungerer

Bonne lecture. 



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