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La guerre de Maurice, de Cary Fagan et Enzo Lord Mariano, Editions des éléphants

Dans cette chronique, comme dans la précédente, je vous propose un livre ayant pour thématique la Seconde Guerre mondiale. Là, encore, il sera question de fuite pour échapper aux camps de la mort, mais l’histoire de Maurice prend d’autres chemins que celle d’Erika. Découvrons ensemble La guerre de Maurice

La guerre de Maurice, de Cary Fagan et Enzo Lord Mariano, Éditions des éléphants, 2021 (Dès 10 ans) 

Maurice naît à Varsovie en Pologne. Mais, rapidement, sa famille part vivre à Bruxelles, en Belgique. C’est à cet endroit, qu’il se trouve en 1940, lorsque la ville subit l’invasion nazie. Il a alors 12 ans. D’abord incrédule face à la réalité de la guerre, il doit, malgré tout, se rendre à l’évidence : leur statut de juifs les contraint à fuir. Maurice et sa famille prennent donc le chemin de l’exode, puis de l’exil. Ils passeront d’abord par la France, puis traverserons l’Espagne franquiste direction Lisbonne au Portugal et delà ils embarqueront pour la Jamaïque. Tout au long de ce périple, malgré les difficultés rencontrées, Maurice n’aura qu’une envie : continuer à apprendre, pour pouvoir réaliser son rêve de devenir avocat. 
Le droit nous rendra tous égaux.  
La guerre de Maurice publié en 2021 par les Éditions des éléphants est l’histoire vraie du père de l’auteur. D’ailleurs, le livre s’ouvre, en première de couverture et en première page, par une illustration à l’allure de photo sépia, nous plongeant instantanément dans le réalisme de l’histoire. L’originalité de ce récit, c’est d’être raconté sous forme de bande dessinée, donnant une plus grande accessibilité à tous de ce pan de l’Histoire mondiale. À travers les souvenirs du garçon, le jeune lecteur sera confronté aux diverses réalités de la guerre 1939-1945 : les invasions nazies, l’exode, l’errance et la faim, la clandestinité, la zone libre, la séparation des familles, les camps de réfugiés… Mais l’optimisme du héros et l’exposition des faits sans violence extrême permettent une certaine distance au lecteur. Entre la peur et le danger, et bien que les conditions ne se soient pas propices à cela, Maurice cherchera toujours à apprendre : seul, avec l’aide de professeurs exilés comme lui, ou d’un simple dictionnaire anglais. Conscients de la grande importance de l’éducation, ses parents feront tout pour l’accompagner dans cette voie. Cary Fagan rend à travers ce livre un très bel hommage à la force et à l’obstination de son père.  Le travail d’illustration à la plume et à l’aquarelle d’Enzo Lord Mariano éclaire le témoignage. Les teintes d’une sépia foncée s’éclaircissent peu à peu à mesure que le héros approche de son but. 
Une bande dessinée à glisser dans les bibliothèques des écoles et des collèges. 


Si vous souhaitez découvrir plus de livres des Éditions des éléphants, je vous recommande Bébé va au marché ou L’ours et le canard chroniqués ici, ou bien encore La maison pleine de trucs, que j’ai chroniqué pour La Mare aux mots. 


Bonne lecture. 


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